Cenforce et évanouissement : quand la baisse de tension devient préoccupante

Le sildénafil peut abaisser temporairement la pression artérielle et, dans certaines circonstances, provoquer vertiges, malaise ou évanouissement. Le risque augmente notamment avec certaines associations médicamenteuses et les doses élevées.

Un évanouissement après la prise d’un médicament contre la dysfonction érectile n’est pas un symptôme à considérer comme normal. Le sildénafil, principe actif annoncé dans Cenforce, possède un effet vasodilatateur : il favorise la relaxation des vaisseaux sanguins et peut ainsi entraîner une diminution temporaire de la pression artérielle. Chez la plupart des personnes utilisant une dose appropriée, cette variation reste modérée. Dans certaines situations, cependant, elle peut devenir suffisamment importante pour provoquer des vertiges, une sensation de tête légère, un malaise et parfois une perte de connaissance.

La question du cenforce fainting risk dépend donc moins du nom commercial du comprimé que de plusieurs éléments : la quantité réelle de sildénafil absorbée, la tension artérielle initiale, les autres médicaments utilisés et la présence de facteurs susceptibles d’accentuer la vasodilatation. Cette distinction est particulièrement importante avec Cenforce, car cette gamme comprend des dosages annoncés jusqu’à 150 et 200 mg, alors que les spécialités réglementées de sildénafil destinées à la dysfonction érectile ne dépassent pas 100 mg.

Pourquoi le sildénafil peut-il faire baisser la tension ?

Le sildénafil inhibe une enzyme appelée phosphodiestérase de type 5, ou PDE5. Cette action augmente la disponibilité du GMP cyclique, une substance qui participe à la relaxation des muscles lisses des vaisseaux.

Dans le pénis, ce mécanisme facilite l’augmentation du débit sanguin nécessaire à l’érection lorsqu’une stimulation sexuelle est présente. Mais l’effet vasculaire n’est pas exclusivement localisé dans cette région.

Les données officielles de Viagra montrent qu’une dose de sildénafil peut provoquer une baisse transitoire de la pression artérielle. Chez des volontaires en bonne santé, la diminution maximale moyenne observée en position allongée était d’environ 8,4 mmHg pour la pression systolique et 5,5 mmHg pour la pression diastolique.

Pour la plupart des personnes, une variation de cette amplitude ne provoque pas de perte de connaissance. Le problème apparaît surtout lorsque d’autres facteurs s’ajoutent au même moment.

Quels signes peuvent précéder un évanouissement ?

Une perte de connaissance ne survient pas toujours sans avertissement.

Une baisse excessive de la pression artérielle peut d’abord provoquer :

  • des vertiges ;

  • une sensation de faiblesse ;

  • une impression de tête légère ;

  • une vision qui se brouille ou s’assombrit ;

  • une instabilité en position debout ;

  • des nausées ;

  • un malaise général.

Les informations réglementaires sur le sildénafil mentionnent explicitement que l’hypotension symptomatique peut se traduire par des vertiges, une sensation de tête légère et un évanouissement.

Si ces symptômes apparaissent, continuer à marcher ou se lever rapidement augmente surtout le risque de chute et de traumatisme. S’asseoir ou s’allonger est alors plus prudent jusqu’à disparition du malaise.

Une perte de connaissance réelle, particulièrement si elle est prolongée, répétée ou accompagnée d’autres symptômes, nécessite en revanche une évaluation médicale.

Les alpha-bloquants augmentent particulièrement le risque

L’une des associations les plus importantes concerne les alpha-bloquants.

Ces médicaments sont notamment utilisés pour traiter certains symptômes liés à l’hypertrophie de la prostate et parfois l’hypertension artérielle. Parmi eux figurent par exemple la doxazosine, la tamsulosine, l’alfuzosine et la silodosine.

Les alpha-bloquants dilatent eux aussi les vaisseaux. Lorsqu’ils sont associés au sildénafil, leurs effets sur la pression artérielle peuvent s’additionner.

Les informations officielles de Viagra préviennent que cette association peut, chez certaines personnes, faire suffisamment diminuer la tension pour provoquer vertiges, sensation de tête légère et évanouissement. Elles recommandent notamment que la personne soit stable sous alpha-bloquant avant l’introduction du sildénafil et que celui-ci soit commencé à faible dose.

La page consacrée à Cenforce souligne également le risque d’hypotension orthostatique et de syncope lorsque le sildénafil est associé à ces traitements.

Et avec les médicaments contre l’hypertension ?

La prudence est également nécessaire avec les traitements antihypertenseurs.

Le sildénafil possède lui-même un effet vasodilatateur et peut donc renforcer la diminution de pression produite par un médicament antihypertenseur. Dans une étude d’interaction, l’association de 100 mg de sildénafil avec l’amlodipine chez des personnes hypertendues a entraîné une réduction supplémentaire moyenne d’environ 8 mmHg de pression systolique et 7 mmHg de pression diastolique.

Cela ne signifie pas que toute association avec un antihypertenseur provoquera un évanouissement. Le risque dépend de la pression habituelle de la personne, des doses utilisées, du nombre de traitements associés et de sa sensibilité individuelle.

Une personne déjà sujette aux vertiges lorsqu’elle se lève rapidement doit cependant signaler ce problème avant d’utiliser du sildénafil.

Nitrates : une association à ne jamais improviser

Le risque est beaucoup plus important avec les dérivés nitrés, utilisés notamment contre certaines douleurs thoraciques d’origine cardiaque.

Le sildénafil amplifie leur effet sur la voie du monoxyde d’azote. La combinaison peut entraîner une baisse dangereuse de la pression artérielle. C’est pourquoi l’utilisation simultanée de sildénafil et de nitrates est officiellement contre-indiquée.

Cette interdiction concerne les nitrates prescrits médicalement, mais aussi les nitrites organiques consommés à des fins récréatives, communément appelés « poppers ».

Le riociguat, utilisé dans certaines formes d’hypertension pulmonaire, constitue une autre contre-indication en raison du risque d’accentuation de l’effet hypotenseur.

Si une douleur thoracique apparaît après la prise de sildénafil, il est essentiel d’indiquer au personnel médical quand la dernière dose a été prise afin d’éviter une association médicamenteuse dangereuse.

Pourquoi les fortes doses posent-elles davantage problème ?

Cenforce présente une particularité importante : la gamme est commercialisée avec des teneurs annoncées allant de 25 à 200 mg. Les présentations à 150 et 200 mg dépassent la dose maximale de 100 mg évaluée et autorisée pour les médicaments réglementés contenant du sildénafil utilisés contre la dysfonction érectile.

Cette différence est particulièrement pertinente lorsque l’on parle d’évanouissement.

Les informations officielles de Viagra rapportent que des diminutions de pression artérielle, des syncopes et des érections prolongées ont été observées chez certains volontaires exposés à des doses élevées de sildénafil allant de 200 à 800 mg.

Cela ne permet pas de calculer un pourcentage précis de risque pour une personne prenant Cenforce 200 mg. En revanche, cela montre qu’augmenter fortement l’exposition n’est pas une manière anodine d’essayer d’améliorer l’efficacité.

La page Cenforce précise d’ailleurs que les effets indésirables, notamment l’hypotension, continuent d’augmenter avec la dose alors que le bénéfice supplémentaire devient limité au-delà des doses évaluées.

Plus de sildénafil ne signifie donc pas automatiquement une meilleure érection, mais peut signifier davantage d’effets vasculaires.

Certains médicaments peuvent indirectement augmenter le risque

La dose inscrite sur le comprimé n’est pas le seul élément qui détermine la quantité de sildénafil à laquelle l’organisme est réellement exposé.

Le sildénafil est principalement métabolisé par l’enzyme hépatique CYP3A4. Certains médicaments ralentissent cette voie et peuvent augmenter fortement sa concentration dans le sang.

Les informations officielles mentionnent notamment le kétoconazole, l’itraconazole, certains traitements antiviraux comme le ritonavir et certains antibiotiques parmi les substances capables d’augmenter l’exposition au sildénafil.

Avec le ritonavir, l’exposition totale au sildénafil a été multipliée d’environ onze fois dans les données d’interaction, ce qui explique les recommandations de réduction très importante de la dose lorsqu’un médicament réglementé est utilisé.

Une personne prenant plusieurs traitements peut donc subir une exposition beaucoup plus importante qu’elle ne l’imagine, même sans avaler plusieurs comprimés.

Déshydratation et pression déjà basse

Une personne dont la pression artérielle est naturellement basse dispose de moins de marge avant qu’une réduction supplémentaire ne provoque des symptômes.

Les informations réglementaires recommandent une prudence particulière chez les personnes présentant une hypotension marquée. Pour Viagra, l’absence de données contrôlées concerne notamment les patients dont la pression au repos est inférieure à 90/50 mmHg.

La diminution du volume sanguin circulant peut également augmenter la sensibilité aux médicaments vasodilatateurs. Les informations relatives au sildénafil demandent ainsi de prendre en compte des situations telles que la déplétion liquidienne chez les personnes susceptibles de mal tolérer une baisse de pression.

Une déshydratation importante, par exemple après des vomissements, une diarrhée ou une forte transpiration, constitue donc un contexte où un malaise mérite davantage de prudence.

L’alcool peut-il favoriser le malaise ?

L’alcool peut lui aussi provoquer une vasodilatation et favoriser des sensations de vertige chez certaines personnes. La page Cenforce indique que son association avec le sildénafil peut accentuer l’hypotension et les vertiges.

Par ailleurs, une consommation importante d’alcool peut diminuer les performances sexuelles. Une personne peut alors interpréter cette diminution comme un manque d’efficacité du comprimé et être tentée d’augmenter la dose.

Cette réaction est particulièrement problématique : elle associe un facteur susceptible d’abaisser la pression à une exposition plus importante au sildénafil sans garantir une meilleure réponse sexuelle.

Les personnes souffrant d’une maladie cardiaque doivent-elles être plus prudentes ?

Oui.

L’activité sexuelle représente elle-même un effort cardiovasculaire, et le sildénafil modifie temporairement le fonctionnement vasculaire. Les informations officielles recommandent donc une évaluation préalable lorsque l’état cardiovasculaire rend l’activité sexuelle déconseillée.

Une prudence particulière est également mentionnée après un infarctus, un accident vasculaire cérébral ou une arythmie potentiellement grave récents, ainsi qu’en présence d’angor instable ou de certaines maladies cardiovasculaires importantes.

Une perte de connaissance pendant ou immédiatement après une activité sexuelle ne doit par conséquent pas être automatiquement attribuée au seul médicament. Une cause cardiaque, un trouble du rythme ou un autre problème médical peut être responsable.

Que faire après un véritable évanouissement ?

Si une personne perd connaissance après avoir pris un produit contenant du sildénafil, il est important de ne pas simplement reprendre le même produit lors d’une occasion suivante en espérant que l’événement ne se reproduise pas.

Il faut rechercher ce qui a pu contribuer à l’épisode : dose utilisée, pression artérielle habituelle, alcool, déshydratation, alpha-bloquants, antihypertenseurs, nitrates, autres médicaments ou maladie cardiovasculaire.

Une perte de connaissance prolongée ou répétée, une douleur thoracique, un essoufflement important, des palpitations persistantes, une faiblesse neurologique ou tout autre symptôme inhabituel nécessitent une prise en charge médicale rapide.

Pendant une activité sexuelle, les informations officielles recommandent également d’interrompre l’effort et de demander une aide médicale si apparaissent des symptômes tels qu’une douleur thoracique, des vertiges ou des nausées importantes.

Pourquoi le statut de Cenforce compte également

Il faut enfin distinguer le sildénafil en tant que molécule de Cenforce en tant que produit commercial.

Cenforce est présenté comme une gamme fabriquée en Inde contenant du citrate de sildénafil, mais le produit lui-même n’est pas une spécialité approuvée en France. Certaines présentations annoncées à 150 ou 200 mg dépassent en outre les doses utilisées dans les spécialités réglementées contre la dysfonction érectile.

Cela rend particulièrement imprudent le raisonnement consistant à choisir un comprimé uniquement parce que le chiffre indiqué sur l’emballage est plus élevé.

Pour les médicaments réglementés contenant du sildénafil, la dose habituelle de départ est de 50 mg, avec possibilité de diminution à 25 mg ou d’augmentation jusqu’à un maximum de 100 mg selon l’efficacité et la tolérance. La fréquence maximale recommandée est d’une prise quotidienne.

Ce qu’il faut retenir

L’évanouissement n’est pas l’effet indésirable le plus courant du sildénafil, mais il peut survenir lorsqu’une baisse de pression devient suffisamment importante. Le risque est particulièrement pertinent en présence d’alpha-bloquants, de plusieurs antihypertenseurs, d’une pression déjà basse ou d’une exposition élevée au médicament. L’association avec les nitrates ou le riociguat est quant à elle contre-indiquée en raison du risque d’hypotension sévère.

Avec Cenforce, une vigilance supplémentaire s’impose en raison des présentations annoncées à 150 et 200 mg, situées au-delà de la dose maximale de sildénafil évaluée et autorisée pour la dysfonction érectile.

Des vertiges légers et transitoires ne signifient pas nécessairement qu’un évanouissement va se produire. En revanche, une perte de connaissance véritable ne doit pas être considérée comme un prix normal à payer pour l’efficacité du traitement. Elle constitue un signal justifiant de rechercher la cause avant toute nouvelle prise.


Greg Nibised

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